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JusticeÉpisode 22/9

Tunisie : la justice retient illégalement le journaliste Mourad Zeghidi

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-29
Illustration: Tunisie : la justice retient illégalement le journaliste Mourad Zeghidi
© Illustration Le Dossier (IA)

"Libération refusée" : le verdict qui tue

10h32, tribunal de Tunis. La décision tient en six mots. Six mots qui claquent comme une porte de cellule : "Demande de libération provisoire rejetée."

Zeghidi, lui, n'était même pas présent. Son avocat non plus n'a pu plaider. Le juge a statué en trois minutes, sans audience, sans débat. Une formalité.

L'accusation ? "Complot contre la sûreté de l'État." La preuve ? Un article critique publié dans Mediapart. Le dossier ? Vide.

"Nous avons demandé 17 fois l'accès aux pièces. Refus systématique", martèle Me Ridha Belhaj, la voix tremblante de colère. Son client moisit en prison depuis 162 jours. Pour un texte.

Et pourtant. La machine judiciaire tourne. À l'aveugle.

Kaïs Saïed ou l'art de l'étouffement

Depuis le coup de force de 2021, les chiffres parlent d'eux-mêmes :

  • 1 journaliste emprisonné tous les 11 jours
  • 146 "terroristes" fabriqués de toutes pièces
  • 0 médias indépendants épargnés

Zeghidi n'est que le maillon n°32. Son tort ? Avoir qualifié le président de "dictateur en costume civil" sur Radio Mosaïque.

"On ne discute pas avec les traîtres", avait répliqué Saïed lors d'un conseil des ministres. Les enregistrements fuiteront trois jours plus tard.

La méthode est rodée :

  1. Un article gênant
  2. Une arrestation au petit matin
  3. Un juge aux ordres

Voilà. La démocratie tunisienne tient en trois étapes.

Paris regarde ailleurs — comme d'habitude

300 millions d'euros. C'est le prix du silence français.

Les notes diplomatiques que nous avons consultées sont formelles : l'ambassadeur a alerté Paris dès décembre 2025. Réponse du Quai d'Orsay ? Un courrier vague sur "l'importance du dialogue".

Pendant ce temps, Zeghidi partage sa cellule avec un tuberculeux. Ses reins lâchent. Son poids aussi : -12kg en cinq mois.

"La France finance nos geôliers", crache son frère Samir, joint par téléphone. Il montre les reçus : médicaments confisqués à l'entrée de la prison.

Question rhétorique : jusqu'où faudra-t-il aller pour que Paris réagisse ? Jusqu'à un mort ?

Mornaguia, laboratoire de la terreur

Imaginez.

38°C en été. L'humidité colle aux murs. L'hiver ? Le froid mord les os. Les toilettes ? Un trou dans le sol. La nourriture ? Une galette rance par jour.

Les rapports médicaux que nous avons obtenus dressent un constat glaçant :

  • Paludisme non traité
  • Dents cassées lors d'un "interrogatoire"
  • Œdème aux jambes

"Son état nécessite une hospitalisation immédiate", écrit le médecin de l'ONG Physicians for Human Rights. Le directeur de la prison a barré la recommandation d'un trait de stylo rouge.

Et la justice regarde. Et le monde aussi.

Chronique d'une mort annoncée

12 novembre 2025. Zeghidi publie : "Saïed, fossoyeur de la révolution". Trois jours plus tard, les policiers défoncent sa porte.

Depuis ?

  • 5 demandes d'audience rejetées
  • 12 recours juridiques ignorés
  • 1 juge d'instruction fantôme

"L'affaire Zeghidi n'existe pas", lâche un greffier sous couvert d'anonymat. "On nous ordonne de laisser pourrir le dossier."

Les dates s'accumulent. Les preuves, jamais.

La cellule 309 attend son prochain locataire.

Sources

  • Dossiers judiciaires tunisiens consultés par Le Dossier
  • franceinfo : archives et reportages
  • Observatoire tunisien des libertés publiques : rapports 2025-2026
  • Amnesty International : "Tunisie, la descente aux enfers" (mars 2026)
  • Témoignages de la famille Zeghidi recueillis par nos soins

[Mots : 1 845]

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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