Rosa, 10 ans, violée : sa mère porte plainte contre Darmanin pour inaction

Audrey dépose plainte en août 2025. Sa fille Rosa, 10 ans, a été violée. Plusieurs fois. Par Jérôme Barella. Les médecins le prouvent : lésion de l'hymen, pénétration. Les psychologues confirment. Barella, lui, n'a jamais été interrogé. Un an plus tard, il est suspecté du meurtre de Liana. Ce 9 juin 2026, Audrey et son avocat Pierre Dubisson attaquent. Trois plaintes : contre l'État, contre les enquêteurs et procureurs, et contre Gérald Darmanin devant la Cour de justice de la République.
« Pourquoi il était pas arrêté ? »
Audrey n'arrive plus à parler sans sangloter. Sa voix se brise. « Je suis là pour essayer de changer les choses pour qu'il y ait pas d'autres enfants qui souffrent comme ma fille. » Sa fille s'appelle Rosa. Elle avait une dizaine d'années quand Jérôme Barella l'a violée. Des dizaines de fois, précise l'avocat.
Cinq jours après la plainte, un gynécologue examine Rosa. Le diagnostic est sans appel : une lésion de l'hymen. Une pénétration. Rosa n'avait jamais eu de relation sexuelle. « Cela caractérisait nécessairement le viol », insiste Me Dubisson.
Des psychologues réalisent des expertises. Rosa est entendue « pendant des heures et des heures ». Sa mère aussi. Les preuves s'accumulent. Barella, lui, n'est jamais convoqué. Jamais interpellé. Jamais placé en garde à vue.
Audrey appelle la gendarmerie tous les lundis matins. « Pendant que ma fille était chez le psychologue, moi j'appelais. » Elle contacte Auch, Fleurance, Lectoure. À chaque fois, la même réponse : « L'affaire est en cours. »
Jusqu'au jour où on la menace. « Si je continue à harceler, ils m'ont dit qu'ils allaient porter plainte contre moi. » Audrey n'a pas de nom. Pas de date précise. Juste cette menace, gravée dans sa mémoire.
« On aurait dû mettre de côté monsieur Barella »
Gérald Darmanin a parlé — enfin. Le 2 juin 2026, devant les sénateurs, il reconnaît une « défaillance des services des parquets ». Il déclare : « On aurait dû mettre de côté monsieur Barella. » Et pourtant.
Me Dubisson ne mâche pas ses mots. « Cette hypocrisie qui consisterait à prétendre qu'il découvrait aujourd'hui tous ces dysfonctionnements, c'est insupportable. » Il rappelle avoir écrit à Darmanin « il y a quelques mois » pour l'alerter sur le traitement des affaires de mineurs. « Aucune réponse. Il a préféré laisser répondre un membre de son équipe. »
Audrey confirme : Darmanin ne l'a jamais appelée. Jamais rencontrée. « Non, voilà, pas d'appel. »
Trois plaintes, trois cibles
Me Dubisson détaille les procédures. D'abord, une plainte pour faute lourde contre l'État. « Par rapport à ce dysfonctionnement majeur des services publics. » Ensuite, une plainte au pénal contre les enquêteurs. « Pour mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger. » Tous ceux qui « n'ont pas interpellé ce criminel ».
Troisième cible : les procureurs. « Nous déposons plainte contre le procureur de Toulouse et le procureur d'Auch. » Eux non plus n'ont pas donné l'instruction d'interpeller Barella.
Enfin, une plainte devant la Cour de justice de la République. Visé : Gérald Darmanin, garde des Sceaux. Mêmes motifs : mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger.
« Des magistrats paresseux, des enquêteurs fainéants »
Me Dubisson rend hommage aux « magistrats fabuleux » et aux « enquêteurs formidables » — ceux qui ont retrouvé le corps de Liana. Mais il dénonce une autre réalité. « Celle de magistrats qui travaillent quatre fois moins que leurs collègues. Celle d'enquêteurs paresseux, des vrais fainéants qui sont aussi à l'origine de ce drame humain. »
Il cite d'autres affaires. Une douzaine de dossiers de viols sur mineurs non traités dans son seul cabinet. Un violeur présumé remis en liberté sans passer un jour en prison. Des femmes handicapées violées, leur agresseur relâché. « Des mères de famille désespérées parce qu'elles dénoncent des incestes, des viols, et que pendant six mois, neuf mois, un an, aucun enquêteur n'est joignable. »
Il évoque aussi l'affaire LINC. Une adolescente de 13 ans qui s'est suicidée après un harcèlement scolaire. « Elle avait déposé plainte pendant des mois avant de se suicider. Rien n'a été fait. » Deux mois après sa mort, Me Dubisson accompagne la mère devant deux juges d'instruction. « Ils l'ont traitée avec la plus cruelle inhumanité. Asseyez-vous, madame, nom, prénom, profession. »
« Je me couche avec la culpabilité »
Audrey ne dort plus. Ne mange plus. Ne travaille plus. « Aujourd'hui, je me couche avec le fait que si j'avais pas déménagé, peut-être que ça aurait été ma fille qui serait morte. » Elle dit : « C'est compliqué. Très, très compliqué. »
Sa fille Rosa, elle, « sourit devant mais derrière elle essaie de survivre ». Elle a vu les informations. Elle a entendu le nom de Barella associé à la mort de Liana. « Pourquoi elle était pas arrêtée ? Pourquoi ? C'est ma question. »
Audrey est étrangère. Elle le dit : « Je suis chez moi en France. Je travaille. Je habite ici. Je veux que mes enfants et tous les enfants de France soient protégés. »
Un système, pas une erreur
Me Dubisson refuse de réduire l'affaire à une faute individuelle. « C'est un problème collectif. » Il dénonce « un mastodonte administratif » où chacun se défausse. « Le garde des Sceaux se dédouane contre l'État. Le président dit que c'est pas un problème de moyens. Les magistrats disent que c'est pas de leur faute, que c'est le problème des politiques. »
Il réclame un audit national. « Le nombre de plaintes déposées, leur durée, leur efficacité, leur aboutissement. » Il veut un « électrochoc ». Une « occasion unique de renverser la table ».
Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
Combien de plaintes pour viol sur mineur dorment dans les tiroirs des parquets ? Combien de Barella en liberté ? Combien de Liana auraient pu être sauvées ?
Audrey, elle, n'attend plus rien des politiques. Elle attend de la justice. « Pour ma fille. Pour que les autres enfants ne subissent pas la même chose. »
Sources :
- BFM TV — Conférence de presse de Me Pierre Dubisson et d'Audrey, mère de Rosa (9 juin 2026)
- Déclarations de Me Pierre Dubisson lors de la conférence de presse
- Témoignage d'Audrey, mère de Rosa, recueilli par BFM TV
- ladepeche.fr — « Mort de Lyhanna : 'On aurait dû mettre de côté monsieur Barella', reconnaît Gérald Darmanin »
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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