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JusticeÉpisode 3/1

Meurtre de Liana : le pré-rapport qui met à nu la justice française

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-23
Illustration: Meurtre de Liana : le pré-rapport qui met à nu la justice française
© YouTube

Le parcours judiciaire de la plainte de Rosa

Toulouse ? Tout s’est bien passé. Mais dès que le dossier a changé de département — le Gers — les problèmes ont commencé. Le parquet d’Auch et la compagnie de gendarmerie de Condom ont traité la procédure criminelle « comme une procédure ordinaire, ou à tout le moins n’a pas été traitée comme une procédure prioritaire ». Les inspecteurs sont catégoriques. Ils dénoncent « des carences graves dans l’enquête menée par la compagnie de gendarmerie de Condom » et jugent que la garde à vue de l’auteur « aurait dû intervenir dans des délais beaucoup plus contraints et acceptables ». Qui a supervisé le directeur d’enquête ? Personne. Ni le parquet ni la hiérarchie directe de la brigade de Lectoure.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu reconnaît que « la chaîne de protection a failli ». Il ajoute : « Ce pré-rapport ne décrit ni un simple dysfonctionnement administratif, ni un manque de moyens, mais une succession d’erreurs, de négligences, d’inaction et de mauvaises décisions à plusieurs niveaux de la chaîne judiciaire et de l’enquête. »

La parole des enfants victimes toujours mise en doute

Denis Rotfichet, secrétaire général de la CIVISE, ne mâche pas ses mots : « Ce rapport est la corroboration tragique du rapport que la CIVISE a rendu en 2023. » Il précise que « 23 recommandations ou préconisations sont réellement effectives sur 82 » — 23 sur 82, pour être clair. Près de 75 % des mesures sont « dans les tuyaux », mais « la procédure judiciaire reste le point de fragilité, le gros point noir ». Et pourtant, la parole des enfants victimes est souvent mise en doute. Le taux de faux signalements ? Inférieur à 6 %.

Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat Unité Magistrat FO, renchérit : « L’extraordinaire travail de la CIVISE n’a pas été écouté. Les alertes des uns et des autres ne sont pas toujours prises en compte. On a affaire à quelque chose de très grave et de très profond. »

Un système en difficulté

3 millions de procédures non traitées — tous délits confondus — dans les services de police et de gendarmerie. Le rapport de la CIVISE le dit. Denis Rotfichet précise : « 170 000 dossiers sont non traités. » Le manque de moyens ? L’informatisation de la justice n’avance pas. Les dossiers partent encore par courrier. Voilà.

Sanctions et perspectives

Sébastien Lecornu promet des réponses. Concrètement, un délai maximal de trois mois pour les actes d’enquête en cas de viol sur mineurs — inscrit dans le texte protection de l’enfance, dont le Parlement sera saisi cet été. Le Conseil supérieur de la magistrature ? Critiqué pour son manque de transparence et son caractère endogène. Les forces de l’ordre répriment des manifestations citoyennes — comme celle d’Andréa Bescon. Les autorités ont mis en place un protocole court nommé NICHT pour écouter les enfants sans être dirigiste. Le gouvernement promet un suivi hebdomadaire médiatique des dossiers graves.

Le pré-rapport conclut : « L’enquête n’a pas été suffisamment dirigée et pas du tout contrôlée. »

Sources :

  • Sens Public (émission du 22 juin 2026)
  • Pré-rapport d’inspection administrative (ministères de la Justice et de l’Intérieur)
  • Rapport CIVISE 2023

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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