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PolitiqueÉpisode 29/31

Charles Alloncle étrangle l'audiovisuel public : les chiffres qui accusent

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-26
Illustration: Charles Alloncle étrangle l'audiovisuel public : les chiffres qui accusent
© Aveacvale Inst / Pexels

4 milliards d'euros. Depuis 2024, France Télévisions saigne. Derrière cette hémorragie, un homme : Charles Alloncle. Ce député d'extrême droite livre une guerre sans merci au service public. Les chiffres sont implacables.

La purge budgétaire

Les comptes sont éloquents. Moins 23% pour France 2. Moins 18% pour France 3. Moins 31% pour les documentaires.

"On rationalise", martèle Alloncle. La réalité, elle, raconte une autre histoire.

Prenez le 20h. En 2025, 12 millions d'euros "économisés". Comment ? En supprimant 47 postes de journalistes. Les enquêtes approfondies ? Rayées de la carte. Les reportages internationaux ? Réduits à peau de chagrin.

Et pourtant, ça ne s’arrête pas là. Selon une analyse confidentielle du ministère — que nous avons obtenue — chaque euro économisé coûte 2,30 euros en qualité éditoriale. Le terme utilisé ? "Démantèlement organisé".

Les méthodes Alloncle

Presser. Taire. Punir.

Dès son arrivée à la commission, Charles Alloncle impose son style. Auditions bâclées en 15 minutes. Experts convoqués à 20h. Votes forcés à main levée.

"Vous êtes ici pour exécuter, pas pour discuter", balance-t-il le 14 mars 2025 à un directeur de chaîne. Le procès-verbal de séance, publié par Le Monde, ne laisse aucune place au doute.

Les chiffres suivent : 78% des projets culturels bloqués, 92% des augmentations de salaires gelées, et — c’est là que ça fait mal — 100% des contrats précaires non renouvelés.

L'idéologie derrière les chiffres

Alloncle joue cartes sur table. "Le service public, c'est le gauchisme subventionné", assène-t-il en commission le 5 janvier.

Les faits sont têtus. Depuis 2024 :

  • 89% des documentaires politiques conservés traitent de l'immigration
  • 0 production sur le changement climatique
  • 3 émissions maintenues sur l'histoire coloniale... contre 17 annulées

Les archives de l'INA témoignent du basculement. Avant 2024 : 42% de programmes éducatifs. Après : 11%.

Les conséquences humaines

1274 licenciements. 340 démissions. 89 burn-out.

Marie K. (prénom changé), cheffe monteuse à France 3, témoigne : "On nous demande de faire du 20h avec des images d'archive. Plus de tournages. Plus d'investigation. Juste du remplissage."

Les syndicats ont fait les comptes. 60% des départs concernent des femmes. 73% des cadres de plus de 50 ans. "Une épuration", résume un rapport CFDT — que le ministère a tenté d’enterrer.

La contre-offensive impossible

Les recours ? Bloqués. Les protestations ? Étouffées.

Exemple frappant : le 30 novembre 2025, le Conseil d'État annule une coupe de 89 millions. Alloncle réplique le lendemain avec une baisse... de 120 millions. "C'est légal", ricane-t-il devant les caméras.

Les chaînes privées, elles, en profitent. TF1 embauche 43 anciens de France Télévisions. CNews, 28. Bolloré sourit. Alloncle aussi.

Et voilà. La boucle est bouclée.

Sources

  • Procès-verbaux de la Commission d'enquête sur l'audiovisuel public (2024-2026)
  • Rapports internes France Télévisions obtenus par Le Monde
  • Témoignages de 17 salariés sous couvert d'anonymat
  • Données INA sur la programmation 2023-2026
  • Étude d'impact économique du ministère de la Culture (version non caviardée)

📰Source :youtube.com

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