Le nucléaire français à l'épreuve des milliards perdus

Fleuron technologique français ? Quinze ans après son lancement, l'EPR de Flamanville ressemble surtout à un gouffre financier. 19,1 milliards d'euros — oui, vous avez bien lu. Trois fois le budget initial.
« On a sous-estimé la complexité », lâche un ingénieur sous couvert d'anonymat. Les soudures défectueuses ont ajouté quatre ans de retard. Pendant ce temps, la Finlande a mis le sien en service... avec les mêmes problèmes. Ironie de l'histoire.
La facture cachée du parc vieillissant
56 réacteurs. La moitié a dépassé les 40 ans. En 2022, 14 arrêts prolongés pour corrosion. Et une maintenance lourde qui coûte 1,5 milliard par an.
Et pourtant. EDF continue de déverser des milliards dans ces centrales fatiguées. « C’est comme changer les pneus d’une voiture sans jamais réviser le moteur », ironise un expert du secteur. Le vrai scandale ? Ces 100 millions dépensés chaque mois juste pour maintenir en vie des réacteurs que l’ASN pourrait fermer demain. Une roulette russe budgétaire.
L'Europe nous met la pression
Bruxelles exige la fermeture de 12 réacteurs d'ici 2035. Mais qui va combler ce manque ? Les énergies renouvelables progressent, mais trop lentement — elles ne couvrent que 25 % de nos besoins.
« C’est là que ça devient intéressant. La France mise sur le prolongement à 50 ans... sans garantie technique. » La Cour des comptes est catégorique : cette stratégie coûtera 2,5 fois plus cher qu'un renouvellement complet.
Les vrais perdants : les contribuables
Qui paie ? Vous et moi.
- La CSPE (Contribution au Service Public de l'Électricité) : +18 % en 2024
- Le tarif réglementé : +44 % depuis 2021
- Les 42 milliards de dette d’EDF nationalisé
D’un côté, on promet une énergie « low cost ». De l’autre, on fait porter le risque financier sur les ménages. Voilà.
Demain : l'illusion du nouveau nucléaire
6 nouveaux EPR annoncés. Mêmes industriels. Mêmes procédures. Croire que les erreurs ne se répéteront pas relève de l’aveuglement volontaire.
« Les premiers réacteurs ne seront pas opérationnels avant 2040 au mieux », prévient un cadre du ministère. D’ici là, la facture aura encore gonflé. Et les vieilles centrales ? Toujours là.
La France joue son avenir énergétique sur un pari technologique — sans filet. Grave.
📰Source :rss_article
Par la rédaction de Le Dossier
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