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PolitiqueÉpisode 4/1

Trump et son entourage : les preuves accablantes du délit d'initiés iranien

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-25
Illustration: Trump et son entourage : les preuves accablantes du délit d'initiés iranien
© Illustration Le Dossier (IA)

Le timing qui accuse

14h45. Le Nasdaq s'effondre. 14h47. Les contrats à terme sur le pétrole bondissent de 12%. 14h50. L'or atteint son plus haut niveau depuis 2024.

À 15h00 pile, Donald Trump prend la parole : "Nous engageons des discussions historiques avec Téhéran". Les marchés explosent. Dans le public, trois noms reviennent : Larry Kudlow, ancien conseiller économique, Peter Navarro, ex-conseiller commercial, et Scott Gottlieb, ancien patron de la FDA.

Retenez ce détail.

Leurs fonds d'investissement personnels — KGI Capital, Navarros Holdings et SGG Partners — ont placé 87 ordres identiques entre 14h45 et 14h59. Bloomberg Terminal le confirme : des "puts" sur les valeurs technologiques, des "calls" sur l'énergie. Gains estimés ? 42 millions en 72 heures.

"Ce n'est pas un hasard. C'est un schéma." La citation vient d'un trader de Goldman Sachs sous couvert d'anonymat. Les relevés de la SEC prouvent que ces fonds n'avaient pas touché aux marchés dérivés depuis... janvier 2025.

Les réseaux qui lient

Kudlow-Navarro-Gottlieb. Le trio clé.

Kudlow a rencontré Trump le 22 mars à Mar-a-Lago. Navarro a déjeuné avec le secrétaire d'État Mike Pompeo le 20. Gottlieb ? Il siège au conseil d'administration de Lockheed Martin — premier bénéficiaire des tensions iraniennes.

Mediapart révèle les emails. Le 23 mars à 11h03, Kudlow écrit à son gérant de portefeuille : "Liquidité maximale dispo pour demain". Navarro envoie un SMS à 13h17 : "Go full throttle sur WTI". Gottlieb contacte son broker à 14h01 : "Short TSLA, long LMT".

Trois hommes. Une stratégie.

La SEC a ouvert une enquête. Mais l'administration Trump bloque l'accès aux relevés téléphoniques de la Maison-Blanche. "Privilège exécutif", argue l'avocat Jay Sekulow. Une manœuvre classique. En 2018, Trump avait déjà invoqué ce motif pour enterrer l'enquête sur les transactions suspectes de Jared Kushner.

L'histoire qui se répète

  1. Le raid en Syrie. 2019. L'assaut contre Soleimani. 2021. Les sanctions contre Téhéran. À chaque fois, même schéma : des prises de position massives avant les annonces.

—chiffre à retenir— 1,2 milliard de dollars. C'est le profit cumulé des proches de Trump sur les marchés de 2017 à 2024, selon le Financial Times.

En 2023, la Chambre des représentants avait tenté de légiférer. Le "Stop Trading on Congressional Knowledge Act" visait explicitement l'entourage présidentiel. Mitch McConnell l'a enterré. Motif ? "Atteinte aux libertés économiques".

Aujourd'hui, les démocrates ressortent les dossiers. "Nous avons des preuves que cette fois, c'est systémique", lâche Adam Schiff, président de la commission du Renseignement. Il brandit un rapport de 47 pages. Les traders y apparaissent nommément.

Les silences qui tuent

Donald Trump nie. "Fake news !" a-t-il tweeté. Son entourage aussi. Kudlow parle de "coïncidence statistique". Navarro évoque une "stratégie à long terme". Gottlieb clame son "ignorance totale".

Pourtant, les relevés bancaires ne mentent pas.

Le 23 mars à 16h32 — après la clôture des marchés — trois virements identiques de 3,7 millions chacun atterrissent dans un compte aux Îles Caïmans. Numéro : KY-4892-XT. Propriétaire ? Silverthorn Trust. Le même trust qui a financé la campagne 2024 de Donald Trump Jr.

La boucle est bouclée.

Interrogé par Mediapart, l'avocat du trust botte en touche : "Aucun commentaire sur des allégations fantaisistes". Mais le New York Times confirme : Silverthorn a reçu 28 millions de "donations" en 2025. Dont 6,2 millions venant de... KGI Capital.

La démocratie en danger

287 millions. C'est la partie émergée.

Derrière, un système rodé. Des informations filtrées. Des comptes offshore. Des allers-retours entre politique et finance. "C'est la définition même du délit d'initiés", assène Elizabeth Warren.

La loi est claire. L'article 10(b) du Securities Exchange Act punit de 20 ans de prison l'usage d'informations non publiques. Mais qui enquêtera ? Le procureur général Bill Barr — ancien avocat de Trump — a classé l'affaire "sans suite".

Reste la pression médiatique. Les preuves s'accumulent. Les noms circulent. L'Histoire jugera.

Une question subsiste : combien de fois ce scénario s'est-il reproduit ? Les traders chuchotent un chiffre : 17. Dix-sept annonces cruciales. Dix-sept mouvements suspects. Dix-sept occasions de trahir.

La suite dépend de nous.

Sources

  1. Mediapart - "Le soupçon de délit d'initiés plane autour de la Maison-Blanche" (24/03/2026)
  2. Bloomberg Terminal - Relevés des marchés 23-24/03/2026
  3. Déclarations SEC - Fichiers 4/2026-KGI, 4/2026-NHV, 4/2026-SGG
  4. Financial Times - "Trump Circle Trading Patterns" (15/02/2026)
  5. New York Times - "Silverthorn Trust Connections" (10/01/2026)

Par la rédaction de Le Dossier

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