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Par la rédaction de Le Dossier · 21 MARS 2026

Perpétuité avec 22 ans de sûreté. La justice a tranché. Mais les zones d'ombre du dossier Al-Kawad Al-Zine Sulaymane résistent aux verdicts.

Verdict tombé, mystère intact

22 ans. C'est le temps minimum que passera Sulaymane derrière les barreaux. Le tribunal d'Angers a frappé fort pour le triple meurtre de 2025. Pourtant, le dossier sent le soufre.

"Nous faisons appel", annonce Me Dubois, l'avocat de Sulaymane. Et pour cause : pièces manquantes, preuves fragiles, témoignages contradictoires. France Info, seul média présent, n'a obtenu que des miettes du dossier.

Angers, une ville qui saigne encore

Trois morts. Trois vies fauchées en pleine nuit. Le 14 mars 2025, la rue Montesquieu — un quartier calme, pas un coupe-gorge — bascule dans l'horreur.

Les victimes ? Le procureur garde leurs noms sous clé. "Protection des familles", dit-il. Les rumeurs, elles, circulent librement.

"Des dealers", murmure un commerçant. "Un règlement de comptes", assure un autre. Officiellement ? Silence radio.

Sulaymane : coupable idéal ou bouc émissaire ?

Al-Kawad Al-Zine Sulaymane. 34 ans. Quatre condamnations pour violences — mais rien qui laisse présager un triple homicide.

"Mon client nie tout", martèle Me Dubois. Les juges ont retenu la préméditation. Sur quoi ? Des échanges téléphoniques cryptiques. Pas d'aveux. Pas d'arme concluante. Juste un couteau de cuisine sans empreintes.

Ivresse ou préméditation ?

1,8 gramme d'alcool dans le sang. Des traces de cocaïne. "Un état second", plaide la défense. "Une circonstance aggravante", rétorque le parquet.

Les faits se déroulent à 3h17. L'arrestation a lieu à 5h42. Deux heures vingt pendant lesquelles Sulaymane erre dans Angers — sans fuir, sans se cacher.

"Où sont les vêtements tachés de sang ?", demande Me Dubois. Le procureur hausse les épaules : "Il a pu les détruire."

Perpétuité, mais à quel prix ?

30 ans avant une éventuelle libération conditionnelle. Sulaymane sortira à 56 ans, si tout va bien.

Les familles des victimes, elles, n'ont toujours pas de réponses. "On nous ment", accuse le frère d'une des victimes. Il exige la vérité.

Le parquet campe sur ses positions : "Secret de l'instruction." Une position intenable, selon Me Karim Benelli, ancien bâtonnier : "Dans les affaires criminelles, la transparence est vitale."

L'appel : dernier espoir ?

La défense compte sur trois leviers :

  • L'absence d'ADN concluant
  • L'arme du crime non identifiée
  • L'état d'altération du suspect

"Nous demandons une contre-expertise", lance Me Dubois. Le combat continue.

À Angers, trois familles enterrent leurs morts. Sans vérité. Sans justice.

L'affaire, elle, est loin d'être close.

Sources

  • Dossier judiciaire consulté par Le Dossier
  • France Info
  • Procès-verbal d'audition de Sulaymane
  • Expertises toxicologiques du CHU d'Angers

Par la rédaction de Le Dossier

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