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Épisode 5/3

Éric Trappier, le PDG qui dicte sa loi à l'Elysée et aux Armées

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-01
Illustration: Éric Trappier, le PDG qui dicte sa loi à l'Elysée et aux Armées
© Illustration Le Dossier (IA)

L'incroyable scène de Brienne

Début décembre 2025. Hôtel de Brienne. Jean-Louis Thiériot remet son rapport sur la stratégie industrielle européenne de défense. La ministre des Armées Catherine Vautrin est là. Sa ministre déléguée Alice Rufo aussi.

Mais tous les regards convergent vers un homme : Éric Trappier.

Le PDG de Dassault Aviation — 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025 — écoute chaque recommandation. "À chaque proposition, Catherine Vautrin regarde Trappier du coin de l'œil", révèle un témoin. Attente d'approbation ? Crainte de désapprobation ?

"La seule personne qu'Éric Trappier écoute, c'est le président", lâche un ancien de la Direction générale de l'armement. Les ministres ? "Ils n'ont que très peu de leviers vis-à-vis de lui."

Un pouvoir qui dépasse les ministres

Trappier critique Airbus — son partenaire dans le projet d'avion de combat européen — sans retenue. "La France ne supporte pas l'idée d'avoir deux avions", assène-t-il au Parisien. Pourtant, l'État finance les deux.

Pourquoi cette impunité ?

Ses relations avec Emmanuel Macron donnent une piste. Le président et le PDG se parlent directement. Sans intermédiaires. "Les ministres des Armées successifs n'ont jamais eu cette proximité", confirme un ancien collaborateur de l'Élysée.

Preuve de cette influence : Dassault a relevé ses objectifs de vente pour 2025 de 6,5 à "plus de 7 milliards" d'euros. Objectif atteint. Et dépassé.

La méthode Trappier

Franc-parler. Coups de gueule. Positions tranchées. Le style Trappier marque les esprits.

"Ont intérêt à avoir un modèle commun", lance-t-il sur le projet d'avion européen. Sous-entendu : le sien. Pendant ce temps, la France investit des milliards dans le programme.

Un ancien de la Direction générale de l'armement résume : "C'est simple. Quand Trappier parle, les ministres écoutent.' Même la ministre des Armées ? 'Surtout elle."

L'Élysée sous influence

Emmanuel Macron semble le seul rempart. "Il n'y a plus que le président Macron qui y croit", admet même le chef de l'État lui-même. Une confession rare.

Mais jusqu'où va cette influence ?

Les budgets militaires gonflent. Les commandes publiques aussi. Dassault engrange les contrats. Pendant ce temps, Trappier critique les partenariats européens — tout en en profitant.

"Ce n'est pas une relation normale entre un industriel et l'État", analyse un expert en défense. "C'est une fusion dangereuse."

Un système bien huilé

Les faits s'accumulent :

  • Réunions privées avec le président
  • Consultations systématiques avant les décisions ministérielles
  • Objectifs commerciaux dépassés grâce aux commandes publiques

"Ce n'est pas un scandale. C'est pire : un système", résume un haut fonctionnaire. Un système qui porte des noms. Des dates. Des montants.

Et qui pose une question : qui dirige vraiment la politique de défense française ? Les élus... ou les industriels ?

Sources :

  • L'Express (31/03/2026)
  • Le Parisien
  • La Tribune
  • Témoignage d'un ancien fonctionnaire de la Direction générale de l'armement
  • Rapports financiers Dassault Aviation 2025

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