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JusticeÉpisode 30/47

Patrick Bruel en garde à vue : 13 plaintes pour viol, un nouveau témoignage accablant

Par la rédaction de Le Dossier · 9 JUIN 2026
Illustration: Patrick Bruel en garde à vue : 13 plaintes pour viol, un nouveau témoignage accablant
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Une garde à vue prolongée, treize victimes formelles

Hier matin, les enquêteurs du premier district de la police judiciaire de Paris ont placé Patrick Bruel en garde à vue. Ce matin, ils ont prolongé la mesure. Le chanteur est entendu depuis plus de vingt-quatre heures dans les locaux de la PJ parisienne.

Treize plaintes formelles. Une quarantaine de témoignages. Le parquet de Nanterre a la main. D'ici la fin de la garde à vue, deux options : ouverture d'une information judiciaire en vue d'une mise en examen, ou remise en liberté sans poursuite à ce stade.

Le chanteur, lui, nie. Par la voix de ses avocats, mais aussi via ses propres déclarations sur les réseaux sociaux, il affirme avoir eu « de très nombreuses relations consenties » ces trente dernières années. « J'ai peut-être été lourd, mais j'ai toujours accepté un non », dit-il à ses proches, selon le récit rapporté sur BFM TV. Il refuse toute accusation de viol.

Le récit qui a tout déclenché : Ophélie Fachfer

Tout a commencé avec Ophélie Fachfer. Sa plainte ? D'abord classée sans suite. Il y a un peu plus de deux semaines, le parquet de Nanterre l'a rouverte. Son avocate, Me Myriam Ged Benayun, était venue sur le plateau de BFM TV pour raconter les faits. Le récit a « raisonné », dit-elle, pour d'autres victimes.

L'une d'elles a contacté Me Benayun après cette émission. Une actrice, 19 ans à l'époque des faits, aujourd'hui 49 ans. Elle s'est reconnue dans les détails. « Elle s'est complètement retrouvée dans le récit d'Ophélie sur le piège que lui a tendu monsieur Bruel », explique l'avocate.

Le même piège, vingt ans plus tard

Les faits remontent à plus de vingt ans. La jeune femme tourne un clip vidéo avec Patrick Bruel. Deux jours après le tournage, elle est à la fac. Son Nokia sonne. C'est lui. « Est-ce que tu veux venir visionner le clip avec toute l'équipe chez moi ce soir ? » Flattée, elle dit oui.

Elle arrive à son domicile parisien. Surprise : il est seul. Il porte un peignoir, nu dessous. « Mais il n'y a personne ? » dit-elle. Réponse : « Non, c'est pour qu'on fasse mieux connaissance. » Elle veut partir. Il insiste : « On va quand même regarder le clip. » Il l'emmène dans la chambre. Elle reste dans l'embrasure de la porte. Il lui demande de s'asseoir sur le lit.

Pendant la deuxième vision du clip, elle sent son souffle dans son dos. Il l'attrape, monte sur elle, se frotte, lui déchire son collant. Tentative de viol, selon son récit. Elle le repousse avec ses pieds. Il tombe du lit. Elle court, récupère ses bottes, son manteau, appelle l'ascenseur privé. Lui descend derrière elle et lance : « Oui, c'est ça, casse-toi, connasse. »

Ce « casse-toi », c'est la même expression qu'Ophélie Fachfer avait décrite. Mot pour mot. Les deux victimes ne se connaissent pas. Leurs plaintes sont indépendantes. Mais le mode opératoire est identique.

Après l'agression, les menaces sur sa carrière

Dans les jours qui suivent, Patrick Bruel continue de la contacter. « On a mal commencé, reviens ce soir », propose-t-il. Elle refuse catégoriquement. Il s'emporte : « De toute façon, je vais te ruiner ta carrière. » Elle en parle à sa productrice. Sa productrice — toujours la même aujourd'hui — la rassure : « T'inquiète, il te ruera pas ta carrière. On sait qui il est. »

Mais la jeune actrice n'a jamais porté plainte à l'époque. Pourquoi ? « Elle ne se sentait pas victime », raconte Me Benayun. Elle tournait la scène en dérision avec ses amis. Elle cachait le collant déchiré, le plaquage sur le lit. Elle en faisait rire son entourage.

Pendant vingt ans, c'est ainsi qu'elle a vécu. Jusqu'à il y a quelques jours. Sa meilleure amie l'a appelée : « Écoute BFM TV. Il y a une avocate qui raconte ton histoire. » Elle a reconnu chaque détail. Et elle a contacté Me Benayun.

Pourquoi porter plainte si les faits sont prescrits ?

Les faits remontent à plus de vingt ans. La prescription est probablement acquise. La plaignante le sait. Pourtant, elle veut déposer plainte cette semaine. « La première chose qu'elle m'a dite, c'est : "Je sais que c'est prescrit, mais je ne peux plus me taire" », explique l'avocate.

Son objectif : être reconnue comme victime. Et surtout, établir la sérialité des faits. Le parquet de Nanterre pourra s'appuyer sur ce nouveau témoignage pour démontrer un mode opératoire répété. La sérialité peut permettre de contourner la prescription dans certains cas. Le code de procédure pénale offre des possibilités. « On va travailler là-dessus », assure Me Benayun.

Treize plaintes, un même scénario

Les enquêteurs ont déjà recueilli treize plaintes formelles. Une quarantaine de témoignages. Les femmes ne se connaissent pas. Pourtant, leurs récits se ressemblent. Invitation à visionner un clip, isolement, agression. Parfois le même peignoir. Parfois la même insulte.

Me Benayun a conscience de la fragilité procédurale : « À partir du moment où ce mode opératoire devient public, les plaintes de femmes qui diront "J'ai aussi vécu ça" sont-elles moins crédibles ? » Pour y répondre, elle attend les témoignages de proches — la productrice, l'amie — qui ont entendu le récit à l'époque, bien avant que l'affaire ne devienne publique.

Ophélie Fachfer : « Je me sens portée »

Interrogée sur l'état d'esprit d'Ophélie Fachfer depuis la garde à vue, Me Benayun livre des mots simples : « Je me sens portée. » Sa cliente est « extrêmement soulagée ». Après avoir été mal traitée lors de sa première plainte, classée sans suite, elle voit enfin la justice suivre son cours. « Elle a voulu refaire confiance au procureur de la République. Il lui avait promis que la plainte serait ouverte, c'est le cas. Que la procédure irait vite, c'est le cas. »

Reste à savoir ce que la PJ parisienne retiendra des auditions de Patrick Bruel. Ses avocats plaident la présomption d'innocence. Le chanteur nie tout viol. Il reconnaît des relations nombreuses, mais consenties.

Sources

📰Source :youtube.com

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Épisode 30 · 9 JUIN 2026

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