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Pourquoi les mouvements sociaux modeRassemblement Nationales échouent à changer la société

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-08
Illustration: Pourquoi les mouvements sociaux modeRassemblement Nationales échouent à changer la société
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Black Lives Matter : une mobilisation sans lendemain ?

Le 25 mai 2020, George Floyd meurt sous le genou d’un policier à Minneapolis. Sa mort déclenche un mouvement planétaire. Des millions de personnes descendent dans la rue. Les hashtags #BlackLivesMatter envahissent les réseaux sociaux. Quatre ans plus tard, les réformes institutionnelles restent rares. Alors, quel est le problème ?

Anthony Heger, historien des idées politiques à Oxford, livre une analyse dans Hyperpolitique. "Nous sommes plus engagés, plus révoltés, mais cette colère ne débouche sur rien de concret." Voilà le constat. Les réseaux sociaux savent mobiliser rapidement. Mais ils ne transforment pas cette énergie en changements durables.

Prenez Black Lives Matter. La prise de conscience est indéniable. Les discours ont évolué. Mais les institutions policières et judiciaires ? Elles restent figées. "La conscience a changé, mais pas la réalité institutionnelle", résume Heger.

Hyperpolitique : l'engagement sans structure

Nous vivons une "phase hyperpolitique", selon Heger. Engagement massif sur les réseaux. Mobilisations rapides. Mais une institutionnalisation faible. Les gens manifestent, signent des pétitions, postent du contenu militant. Mais ils ne rejoignent plus les partis ou les syndicats.

En 2024, parmi les dix hashtags les plus fréquents sur X, on trouve Gaza, Emmanuel Macron, Agriculteurs en colère, Front populaire, Israël, Législative 2024, La France Insoumise, Rassemblement National. La politisation est partout. Pourtant, elle reste éphémère, atomisée. "Les gens se mobilisent vite. Mais le collectif ne tient pas", observe Heger.

Une étude de 2023 révèle que les Américains passent une heure et demie de moins par jour à l’extérieur qu’en 2003. Le Covid a accentué cette tendance. Streaming, livraisons, télétravail. Les citoyens désertent l’espace public. Ils tweetent un post militant, puis scrollent sur Vinted.

Réseaux sociaux : une arme à double tranchant

Zeynep Tufeksi, sociologue turque, pointe ce paradoxe. Les réseaux sociaux déclenchent des mobilisations massives. Mais ils échouent à obtenir des changements institutionnels. Prenez le mouvement des droits civiques américains des années 1960. Des années de préparation. Des milliers de tracts distribués à la main. Des centaines d’organisations mobilisées.

Aujourd’hui, un tweet suffit pour déclencher une manifestation. Mais cette rapidité a un prix. Les mobilisations sont moins organisées, moins structurées, moins durables. "Nous avons perdu les bénéfices de la difficulté", explique Tufeksi.

Quand les mouvements sociaux réussissaient : le cas du Front populaire

En France aussi, les mouvements sociaux ont obtenu des réformes majeures. Prenez le Front populaire en 1936. Grèves, occupations d’usines. Résultat : semaine de 40 heures, congés payés, réajustement des salaires, délégués syndicaux, conventions collectives. "C’est la victoire du travail organisé contre l’anarchie", souligne Heger.

Mais la culture politique était différente. Les gens appartenaient à des syndicats, à des partis. Les mobilisations étaient structurées, organisées, durables. Les leaders avaient une légitimité forte. Les citoyens acceptaient leurs décisions.

Aujourd’hui, cette culture a disparu. Les syndicats et les partis sont affaiblis. Les citoyens se méfient de la politique institutionnelle. Ils préfèrent les mobilisations spontanées, éphémères.

2008 : la crise qui a tout changé

La crise financière de 2008 a marqué un tournant. Elle a détruit le mythe de la gouvernance des experts. Les citoyens ont voulu reprendre leur destin politique. Occupy Wall Street en est un exemple. Déclenché par un tweet en septembre 2011, le mouvement a mobilisé des milliers de personnes. Mais il n’a obtenu aucune réforme significative.

Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à Lille, analyse cette défiance. "Depuis les années 80, les partis de gouvernement convergent vers un agenda libéral. Les gens pensent que tout le monde fait la même chose, sans résultats."

Aujourd’hui, les citoyens se méfient de la politique institutionnelle. Ils la jugent impuissante face aux forces du marché, aux défis climatiques. Ils préfèrent les mobilisations symboliques, court-termistes. "On cherche les symboles parce qu’ils ont plus d’effet", dit Lefebvre.

Conclusion : une mobilisation sans réforme

Les mouvements sociaux contemporains sont marqués par une politisation forte. Mais elle reste éphémère, individualiste, émotionnelle. Elle ne transforme pas les rapports de pouvoir. Les citoyens se mobilisent. Mais ils ne croient plus aux institutions, aux partis, aux syndicats.

C’est une repolitisation à blanc. Une mobilisation sans lendemain. Sans réformes institutionnelles. Sans changements structurels. La question reste ouverte : comment transformer cette énergie militante en changements concrets ?

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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