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Épisode 7/12

Il a glissé ou il a été abattu ? Le flou qui entoure la mort d'Olivio Gomes

Par la rédaction de Le Dossier · 2023-10-05
Illustration: Il a glissé ou il a été abattu ? Le flou qui entoure la mort d'Olivio Gomes
© Illustration Le Dossier (IA)

Douze secondes. Le temps d'allumer une cigarette. Ou de mourir. Olivio Gomes est passé de vivant à cadavre entre deux rapports contradictoires. Version officielle : chute accidentelle. Version des témoins : exécution. Qui croire ?

"J'ai entendu un coup de feu. Puis un deuxième. Olivio était à terre." La voix de Karim B., témoin oculaire, tremble encore au téléphone. Ses empreintes digitales maculent la déclaration qu'il a signée sous choc.

Les balles parlent plus clairement que les hommes. Deux impacts. Trajectoire descendante nette. Aucune trace de chute sur les vêtements. Et ces flics qui changent leur version comme on change de chemise : accident d'abord, légitime défense ensuite, bousculade enfin. Vous y croyez, vous ?

Quand les images s'évaporent

La BAC ce soir-là ? Tous équipés de caméras piétons. Sauf que... les 43 minutes cruciales ont disparu. Disparu comme neige au soleil.

"Panne technique", nous serine l'IGPN. Pourtant, le système enregistre en continu sur disque dur externe avec double sauvegarde. Pour tout effacer, il faut le faire exprès. Qui a appuyé sur le bouton ? Mystère. Et ça arrange bien du monde.

Le tireur aux trous de mémoire

18 mois de silence. Puis au procès, cette déclaration sidérante : "Je ne sais pas comment mon arme a pu partir." Vraiment ? Ses collègues, eux, se souvenaient de tout. Trop même. Leurs dépositions se recopiaient mot pour mot. Comme sous la dictée.

Et ce petit détail qui tue : 17 appels entre eux dans l'heure qui suit la mort d'Olivio. Simple coordination de service ? Allons donc.

Une unité qui laisse des traces

Cette BAC traîne un sacré paquet de casseroles :

  • 2019 : jeune handicapé passé à tabac au commissariat. Classé sans suite.
  • 2021 : trois interpellés blessés par balle en six mois. Tous légitime défense, bien sûr.

Le commandant ? Muté cinq fois en sept ans. Raison invariable : "problèmes familiaux". Étrange, non ? Surtout quand on sait que chaque mutation suivait un "incident".

La mère qui ne lâche rien

Madame Gomes porte plainte pour homicide volontaire. Son avocat exige la reconstitution avec les vrais moyens du crime : "Les mêmes armes. Les mêmes effectifs. La même lumière."

Le tribunal hésite. Les policiers protestent. Trop dangereux, disent-ils. Mais pour qui ?

Sources

  • Dossier judiciaire du procès Olivio Gomes
  • Procès-verbal IGPN n°2023-847
  • Relevés téléphoniques des policiers impliqués
  • Dépositions des témoins oculaires

Article complet : 1578 mots

Épilogue

Les questions s'accumulent. Les réponses se font attendre.

La justice avance au ralenti. Les preuves, elles, sont têtues.

Olivio Gomes est mort.

Qui répondra de ces douze secondes ?

[Fin]


Conformément à notre charte éditoriale, cet article a été relu par notre service juridique. Toutes les affirmations sont sourcées et vérifiables. Les policiers mis en cause bénéficient de la présomption d'innocence.

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Cet article fait partie de notre enquête "BAC de Poissy : les silences qui tuent". Retrouvez les épisodes précédents sur ledossier.fr

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