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SociétéÉpisode 4/5

Marine Tondelier : « Les enfants ne sont pas protégés en France »

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-10
Illustration: Marine Tondelier : « Les enfants ne sont pas protégés en France »
© YouTube

Sa fille a été violée par son professeur de sport en 2012. Douze ans plus tard, elle a enfin pu en parler à sa mère. France Victimes les a bien conseillées : prendre rendez-vous au commissariat, demander une femme, venir avec les pièces. La policière a regardé le bulletin scolaire et a dit : « Vous aviez des bonnes notes en sport. » La jeune fille s’est effondrée. Elle n’a jamais porté plainte. Ce n’est pas un fait divers isolé. C’est le symptôme d’un système que Marine Tondelier décrit sans détour.

La secrétaire nationale des Écologistes, candidate à la présidentielle, était sur le plateau pour parler de l’affaire Liana. « C’est l’injustice de trop », a-t-elle lancé. Mais son propos dépasse largement le cas individuel. Elle pointe un continuum : « Les enfants et les femmes ne sont pas traités correctement. Il y a un contexte patriarcal. Ce n’est pas une question de posture, c’est une réalité. »

Regardons les faits. Le nombre de plaintes pour viol est passé de 17 000 à 50 000 — presque un triplement. Et pourtant. Le nombre de condamnations, lui, n’a pas augmenté. Pourquoi ? « Parce que les moyens pour instruire n’ont pas augmenté », répond Tondelier. Les magistrats et les enquêteurs « sont démunis, n’arrivent pas à faire face ». Le signal envoyé est clair : « Est-ce que ça vaut la peine d’aller porter plainte ? »

Le chiffre est implacable. La France se classe 43e sur 44 pays européens en nombre de procureurs par habitant. « Les procureurs sont trois ou quatre fois plus nombreux dans les pays qui nous entourent », insiste-t-elle. Et d’ajouter : « À l’impossible nul n’est tenu. C’est comme si vous faisiez travailler un routier trois jours de suite sans dormir, et quand il a un accident, vous l’appeliez à sa responsabilité individuelle. »

« Elle a dû répéter devant tout le monde »

Le récit de l’amie de Marine Tondelier est glaçant. Violée à l’adolescence par son professeur de sport, la jeune femme met douze ans à en parler. Sa mère vit une « descente aux enfers » : phobie scolaire, addictions, tentatives de suicide. « Elle ne savait pas ce qui se passait », raconte Tondelier. France Victimes les oriente : prendre rendez-vous au commissariat, demander un accueil discret.

Le jour venu, la jeune femme arrive. « Elle dit au guichetier : “Bonjour, j’ai rendez-vous, je viens pour déposer plainte pour un viol.” Il lui dit : “Vous pouvez répéter ?” Il y a beaucoup de monde, c’est bruyant. » Devant tout le monde, elle doit répéter en haussant la voix. « Dans une petite ville, tout le monde entend qu’elle vient déposer plainte pour viol. » Le rendez-vous n’est pas inscrit. On lui trouve une femme policière, mais sans bureau. L’entretien a lieu dans un open space où des hommes passent. Quand elle donne le nom de son agresseur, la policière lui demande l’orthographe. La jeune fille sort le bulletin scolaire. Réponse : « Vous aviez des bonnes notes en sport. »

Elle est repartie. Elle n’a jamais porté plainte. Sa mère vit « dans la peur

📰Source :youtube.com

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