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PolitiqueÉpisode 30/31

Mali : le sang et les larmes

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-27
Illustration: Mali : le sang et les larmes
© YouTube

Camara tombé, Goïta à genoux (ou pas ?)

Une balle dans la tête. C'est ainsi que meurent les symboles. Sadio Camara, dernier rempart d'un régime agonisant, s'est effondré sous les coups des mêmes djihadistes qu'il devait combattre. Ironie cruelle.

Le site d'info guinéen balance : "La mort de Camara, c'est Goïta qui perd ses dents." Et pourtant. Les généraux maliens continuent de parader à Bamako.

Douze ans de guerre. Des milliers de morts. Des villages rayés de la carte. Le Mali saigne toujours. Pourquoi ? Parce qu'on croit encore aux solutions militaires. Parce qu'on refuse de voir les fractures.

— Les vrais problèmes sont sous nos yeux : nord marginalisé, jeunesse sans avenir, corruption endémique. Les armes ne soignent pas ça.

Week-end noir : mode d'emploi d'un fiasco

Samedi 6h23. Première attaque près de Gao. Dimanche 14h47. Deuxième assaut à Kidal. Lundi matin... Camara tombe. Trois coups, trois cibles, une seule main.

Le Quotidien Burkinabé décrypte : "Coordination parfaite entre djihadistes et indépendantistes — alliance contre-nature qui fonctionne."

Preuve que la rébellion a évolué. Elle n'est plus ce groupuscule désorganisé de 2012. Aujourd'hui, elle frappe où elle veut, quand elle veut.

Et Bamako ? Elle compte ses morts. Encore.

2021-2026 : le grand mensonge

"Je rétablirai la sécurité", promettait Goïta en prenant le pouvoir. Cinq ans plus tard, le bilan ?

  • Attaques +37% depuis 2023
  • 2/3 du territoire hors contrôle étatique
  • Budget militaire engloutissant 28% du PIB

Les chiffres sont têtus. L'insécurité augmente. L'économie s'effondre. La colère gronde.

Pire : les djihadistes recrutent maintenant dans les quartiers pauvres de Bamako. La preuve que...

"La guerre a changé de visage", analyse un officier français sous couvert d'anonymat. "Avant c'était une rébellion nordiste. Maintenant c'est une révolte des laissés-pour-compte."

Racines profondes, solutions absentes

Le Mali brûle. Et tout le monde regarde.

Au nord, les indépendantistes réclament toujours leur dû. Au sud, l'État centralisé de Bamako fait la sourde oreille. Entre les deux ? Des jeunes sans travail, sans espoir — chair à canon parfaite pour les recruteurs djihadistes.

Le site guinéen enfonce le clou : "Goïta gère les symptômes, pas la maladie."

Exemple typique : ces milices armées à coups de millions, qui finissent par vendre leurs armes... aux rebelles. Oui, vous avez bien lu.

Effet domino

Quand le Mali tousse, l'Afrique de l'Ouest s'enrhume.

  • Burkina : 5 attaques transfrontalières ce mois-ci
  • Niger : état d'urgence prolongé
  • Mauritanie : renforcement massif des frontières

La communauté internationale s'émeut. Mais que fait-elle vraiment ? Des livraisons d'armes. Des stages de formation. Des réunions à Genève.

Pendant ce temps, à Gao, on enterre encore des civils.

Et maintenant ?

Camara est mort. Et après ? Rien ne change. Tout continue.

Le régime joue les prolongations. Les rebelles resserrent leur étau. La population trinque.

"La solution sera politique ou ne sera pas", prévient un ancien diplomate malien. Mais qui écoute encore les voix de raison ?

Une certitude : le Mali de 2026 n'est plus celui de 2012. La rébellion non plus. Reste à savoir si Goïta l'a compris.

Sources

  • Quotidien Burkinabé
  • Site d'info guinéen

📰Source :YouTube

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