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Loi agricole : pesticide Pride, loup et eau — le Sénat au cœur des tensions

Par la rédaction de Le Dossier · 11 JUIN 2026
Illustration: Loi agricole : pesticide Pride, loup et eau — le Sénat au cœur des tensions
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Ce projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricole a déjà été adopté à l'Assemblée en première lecture. Une réponse aux colères des agriculteurs, en théorie. Au Sénat, les amendements s'empilent. Et les sujets qui fâchent reviennent en force.

Le pesticide Pride est le premier obstacle. Interdit en France, mais autorisé dans l'Union européenne. Les sénateurs veulent le réintroduire par la loi d'urgence. Le gouvernement dit non. Annie Genevard l'a martelé lors d'une audition : remettre Pride dans le texte compromettrait son adoption.

Une ligne rouge que le Sénat veut franchir — le pesticide Pride

Le Pride est accusé de nuire à la santé. L'UE l'autorise. La France l'interdit. Les sénateurs invoquent la compétitivité des agriculteurs. La ministre : « Nous ne pouvons pas continuer à demander à nos producteurs de respecter des normes parmi les plus exigeantes du monde, tout en tolérant que des produits ne respectant pas ces mêmes standards entrent sur notre marché. »

Laurent Duplomb, sénateur, promet de réintégrer l'article 2 de la loi dite Duplomb — rejeté par le Conseil constitutionnel. « Cet article est fondamental, c'est une proposition qui sera plus encadrée, plus précise, mieux comprise », dit-il (Public Sénat). Le gouvernement ne veut pas en entendre parler. Un bras de fer.

Le loup : 12 300 bêtes tuées en 2025, le ton monte

La prédation explose. 4 000 attaques recensées en 2025, plus de 12 300 animaux tués. La ministre le dit cash : « C'est insupportable ».

Le statut du loup a changé : d'espèce strictement protégée à simplement protégée. Plafond des tirs relevé de 19 à 21, plus 2 supplémentaires possibles — soit 23 maximum. Un plancher est fixé : le principe du « bon état de conservation de l'espèce ». La commission économique a voté le déclassement du loup en espèce non protégée — unanimité moins une abstention. Le gouvernement ne suit pas. Et pourtant.

Exemple concret ? En Haute-Marne : 1 loup en 2023, 850 prédations en 2025. La protection est étendue aux bovins (jusque-là ovins et caprins). Les tirs avec lunettes thermiques sont défendus par des sénateurs, mais contestés par le ministère de la Transition écologique.

Quarante millions d'euros par an partent dans la protection du loup, selon l'Office français de la biodiversité. En 2025, la prédation touche 65 départements — y compris l'ouest de la France. Le statut de l'espèce a été modifié via la Convention de Berne. La directive Habitats européenne encadre le tout.

Ressource en eau : simplifier pour accélérer — mais à quel prix ?

La France ne retient que 4,7 % du flux annuel d'eau. L'Espagne ? Près de 50 %. La ministre : « Il ne s'agit pas de remettre en cause les exigences environnementales, mais de faire en sorte qu'elles soient correctement articulées avec l'adaptation de notre agriculture aux réalités climatiques. »

Les articles 5 et 6 simplifient les procédures. L'article 7 bis débloque certaines retenues. Le préfet pourra déroger aux schémas d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) après concertation locale. Un guide sera publié à destination des collectivités, via le groupe national Captage. Le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux a fourni un rapport de base.

Aujourd'hui, sur 70 membres d'une commission locale de l'eau, seuls 3 sont agriculteurs. Une représentation jugée insuffisante — vous avez bien lu. La ministre introduit une compensation collective obligatoire pour les projets qui empiètent sur des terres agricoles.

Distorsions de concurrence et prix : le casse-tête du marché unique

Le gouvernement avait proposé un mécanisme contre l'importation de produits traités avec des substances interdites à l'échelle européenne. L'article 2 visait à en finir avec le double standard. Mais l'Assemblée nationale a modifié le texte : elle a substitué une référence aux seules interdictions françaises. Résultat ? « L'intention affichée était de renforcer le dispositif. En pratique, elle le rend tout bonnement inopérant », tranche la ministre. Le Sénat est invité à rétablir la rédaction initiale.

Sur les prix planchers, Annie Genevard rejette l'idée d'un prix administré. L'article 19 comporte des certificats, attestations et sanctions qu'elle juge disproportionnées — « manifestement contraires au droit et économiquement dangereuses ». L'article 21 (tunnel de prix) a été supprimé par l'Assemblée ; la ministre cherche un « atterrissage ».

Bio, SAFER et compensation collective : les mesures qui fâchent

Le budget 2026 prévoit 800 millions d'euros d'aides au bio. La ministre défend le maintien des mesures agro-environnementales. L'article 8 introduit une compensation financière pour l'Association des maires de France (AMF) au titre de ses nouvelles responsabilités.

La loi d'urgence agricole ne prétend pas tout résoudre. La ministre le reconnaît : c'est son cinquième texte agricole. Le Sénat poursuit l'examen.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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