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Immigration de travail : livreurs sans papiers, le débat français entre nécessité économique et crispations politiques

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-10
Illustration: Immigration de travail : livreurs sans papiers, le débat français entre nécessité économique et crispations politiques
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64,4% des livreurs sans titre de séjour

97,8% des livreurs à vélo sont immigrés. 64,4% sans titre de séjour. C'est ce que dévoile l'étude Santé-Course, publiée en mars 2026 par l'IRD, l'INED et Médecins du Monde. Ils travaillent 63 heures par semaine pour un revenu brut de 1488 euros. Et pourtant, 55% d'entre eux cesseraient cette activité s'ils obtenaient des papiers. Logique ?

3,7 millions de travailleurs, 12% de la population active

L'INSEE dénombre 3,7 millions de travailleurs immigrés — soit 12% de la population active. Depuis 2019, la France accorde 50 000 titres de séjour économiques par an. Ces travailleurs sont massivement dans les métiers peu qualifiés : 39% des employés de maison, 28% des agents de sécurité, 27% dans le BTP. Une réalité qui contraste avec le discours ambiant.

59% des restaurants réduisent leur activité

Catherine Quérard, présidente du Groupement des hôtelleries et restaurations de France, ne mâche pas ses mots : « Nous avons besoin de ces travailleurs. Manœuvres qualifiés, non qualifiés. Et souvent ces travailleurs-là prennent des jobs que nos travailleurs français ne veulent pas prendre. Les plongeurs, les femmes de ménage. C'est un fait. » Elle ajoute : « Il faut le reconnaître qu'on découvre dans nos activités, dans nos entreprises, des travailleurs sous alias. » En 2022, 59% des établissements du secteur annonçaient réduire leur activité faute de personnel. Et ce n'est pas un secret selon Jacqueline Lestage-Brignaud, sénatrice LR du Val-d'Oise : « Ils travaillent avec des faux papiers qu'ils achètent à Barbès. »

Des besoins de main-d'œuvre étrangère évoqués

Le MEDEF voit loin. Patrick Martin anticipe un besoin de 3,9 millions de travailleurs étrangers d'ici 2050. Benoît Hamon rappelle que le Conseil d'orientation des retraites estime que sans immigration, l'âge légal de départ devrait passer à 67,6 ans. Imaginez la suite.

L'Espagne régularise 500 000 travailleurs

Pendant ce temps, l'Espagne régularise 500 000 travailleurs étrangers. En France, on évoque une demande de régularisation de 450 000 travailleurs — mais rien ne bouge.

Le durcissement Retailleau de 2025

La loi immigration de 2024 avait ouvert une brèche : les immigrés des secteurs en tension pouvaient obtenir une carte de séjour temporaire d'un an. Bruno Retailleau a durci les conditions de la régularisation par le travail en 2025. Une simple parenthèse ? Selon Cécile Sicsou, statisticienne, « la période de M. Retailleau en tant que ministre de l'Intérieur a été une parenthèse. Il y a quand même tendance depuis les années 2000 à essayer d'ouvrir davantage l'immigration de travail qui est aujourd'hui plus importante que le regroupement familial. » Voilà.

Des employeurs sous contrat

Un travailleur sans titre de séjour peut avoir un contrat de travail. Benoît Hamon le dit : « Il y a d'innombrables travailleurs aujourd'hui en France qui contribuent aux régimes sociaux, paient des cotisations sociales mais n'ont pas de titre de séjour. » Oui, vous avez bien lu.

Le chômage des immigrés déjà présents

Jacqueline Lestage-Brignaud pose une autre question : « On a aussi les gens au chômage dans ce pays. Ça pose aussi la question des gens qui sont au chômage, qui devraient aller retravailler, qu'on devrait remettre au travail. »

L'immigration, un choix de société

Benoît Hamon tranche : « Être pour ou contre l'immigration, c'est aussi absurde que d'être pour ou contre le soleil. Les migrations internationales existent depuis que l'humanité existe. La question pour la France est simple : sommes-nous un pays inclusif ou un pays qui pense pouvoir restaurer sa grandeur en se rapetissant et en fermant ses frontières ? »

Sources

  • Public Sénat, débat « L'économie française peut-elle se passer des immigrés ? », 2026
  • INSEE
  • Étude Santé-Course, IRD/INED/Médecins du Monde, mars 2026
  • Conseil d'orientation des retraites
  • Patrick Martin (MEDEF)

📰Source :youtube.com

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