L'affaire Mercurex: comment un géant pharmaceutique a trafiqué ses essais cliniques

La méthode: comment ils ont trompé tout le monde
Trois techniques principales ressortent des 1500 pages de documents que Le Dossier a pu consulter.
D'abord, l'échantillon truqué. Mercurex incluait délibérément des patients jeunes (25-35 ans) alors que le Vasorelax ciblait les 60+. Résultat? Des stats artificiellement optimistes. Ensuite, le "double classement": un même effet indésirable apparaissait sous deux codes différents pour brouiller les pistes.
Enfin — et c'est le plus grave —, ils ont purement supprimé les données des patients qui abandonnaient les essais pour cause d'effets secondaires. "C'était comme s'ils n'avaient jamais existé", souffle une statisticienne sous couvert d'anonymat.
Les complices silencieux
Les agences sanitaires ont-elles fermé les yeux? Le dossier est loin d'être clos. La FDA a validé le Vasorelax en 9 mois — un record pour ce type de molécule. Trois de ses experts avaient pourtant signé des contrats consultants avec Mercurex l'année précédente.
Côté européen, l'EMA a repoussé trois fois l'examen du dossier. Sans jamais exiger d'audit. "Ils savaient", accuse le Dr. Lanctôt, cardiologue montréalais. Ses analyses le prouvent: 78% des études présentées omettent des conflits d'intérêts majeurs.
Voilà. Un système verrouillé où chacun protège ses intérêts. Les malades? Ils paient cash.
Les victimes sortent de l'ombre
Marie K., 58 ans, a fait un AVC deux semaines après avoir commencé le traitement. "Le médecin m'a dit que c'était la faute à mon cholestérol. Maintenant je sais." Comme elle, 217 patients ont porté plainte aux États-Unis.
Le pire? Mercurex continue de commercialiser le Vasorelax dans 11 pays. Oui, vous avez bien lu. Le laboratoire argue que "le bénéfice/risque reste favorable". Traduction: les profits valent bien quelques vies brisées.
En France, le médicament a finalement été retiré en 2021. Trop tard pour Jacques T., décédé d'une hémorragie cérébrale en 2019. Son fils montre l'autopsie: "Regardez la cause officielle. 'Origine inconnue'. Tout est là."
Que faire maintenant?
Trois mesures urgentes s'imposent.
- Geler les actifs — Mercurex a transféré 800 millions vers des filiales offshore depuis janvier.
- Auditer toutes les études sur 5 ans. Pas seulement le Vasorelax.
- Publier les procès-verbaux des réunions avec les agences.
La justice bouge enfin. Le procureur de New York parle de "preuves accablantes". Mais l'entreprise mise sur l'usure. Elle a embauché pas moins de quatre cabinets d'avocats spécialisés dans les scandales sanitaires.
Une question demeure: jusqu'où faudra-t-il aller pour que ces pratiques cessent?
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Par la rédaction de Le Dossier
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