Affaire Liana : Macron admet des « dysfonctionnements manifestes », le gouvernement sous pression

« Dysfonctionnements manifestes » : le président sort du silence
« Il est évident qu’il y a eu des dysfonctionnements manifestes. » La phrase, rapportée par Maud Bregeon, a mis fin à des jours de silence présidentiel. — Un aveu rare. Le président a ajouté que ce drame posait « la question de la confiance en nos institutions ». Et il a insisté : les faits doivent être établis « sans précipitation et sans démagogie ».
Deux inspections ont été lancées : l’Inspection générale de la justice (IGJ) et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Leur rapport conjoint est attendu pour le 19 juin. Macron a été clair : il faut « comprendre ce qui relève des responsabilités individuelles et des dysfonctionnements systémiques dans l’ensemble des services publics impliqués ».
Darmanin ne démissionnera pas — « c’est de la petite politique »
Démission de Gérald Darmanin ? Non. Maud Bregeon a balayé l’idée. « Ceux qui prétendent de manière très politicienne qu’une démission du garde des Sceaux résoudrait le drame que vit la famille de Liana… mentent aux Français. C’est de la petite politique. » Elle a défendu son ministre, sans trembler : « On a de la chance d’avoir un ministre de la justice qui parle aux Français avec honnêteté depuis le début de ce drame, qui ne se cache pas. » Darmanin reste en poste. Le président n’envisage pas son départ.
Budget justice : 414 millions gelés, mais « pas d’impact sur les RH »
Bregeon rappelle une hausse de 54 % depuis 2017. « Jamais le budget de la justice n’a été aussi haut », a-t-elle affirmé. Pourtant, un journaliste a évoqué les 414 millions d’euros de crédits gelés sur le dernier budget. Sa réponse : ces gels ne sont « pas des annulations », et ils ne concernent « aucunement les ressources humaines ». « Il n’est pas question de revenir sur l’objectif de hausse de 1 600 postes pour le ministère de la justice », a-t-elle ajouté. Interrogée sur une possible erreur, elle a rétorqué : « De quoi on parle ? »
70 000 plaintes rouvertes : la traque des « autres affaires Liana »
Sur instruction du garde des Sceaux, les magistrats rouvrent les dossiers. 70 000 plaintes — sur les 3 millions traitées chaque année. L’objectif : vérifier s’il existe « d’autres affaires Liana ». « Y a-t-il d’autres affaires Liana en France ? Une autre affaire Liana est-elle possible ? » a demandé la porte-parole. « La première des réponses, on la trouve en ouvrant les dossiers. » Et d’insister : « Derrière ce sont des enfants. » Voilà.
La loi sur la protection de l’enfance enrichie : des peines alourdies
Le gouvernement prévoit d’enrichir le projet de loi sur la protection de l’enfance, déjà engagé. Première piste : l’aggravation des peines pour les viols en série. « S’il doit être modifié, c’est uniquement au regard des faits et avec méthode », a précisé Maud Bregeon.
« La confiance dans nos institutions est posée » : le constat du président
« La confiance en nos institutions est posée. » Le constat est signé Macron, rapporté par Maud Bregeon. Il appelle à « agir avec détermination, n’écarter aucune responsabilité ». Mais il met aussi en garde contre la « précipitation » et la « démagogie ». Bregeon concède : « On ne découvre pas les carences du système judiciaire. » Et pourtant. « On ne découvre pas que des failles personnelles sont possibles. »
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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